Corinne Cahen,
La députée du DP présentera au Parlement, au milieu de la semaine prochaine, son rapport sur le budget du ministre des Finances du CSV, Gilles Roth. Elle mettra l’accent sur l’intelligence artificielle (IA). Jeudi dernier, elle a déclaré à la radio 100,7 que l’IA aiderait non seulement les entreprises, mais aussi les chercheurs et chercheuses de l’université. Selon une étude de Google, seuls 6 % des emplois disparaîtraient à cause de l’IA, tandis que de nombreux nouveaux emplois seraient créés, a rapporté Mme Cahen (photo : sb). Pour les pourvoir, il serait important d’attirer des « talents » de l’étranger et de former ceux du Luxembourg (« cela favorise aussi l’université »). Une étude publiée il y a trois mois par l’école de commerce privée International Institute for Management Development (IMD), sur le « prestigieux » classement mondial de la compétitivité (World Competitiveness Ranking) de laquelle le CSV et le DP ont même axé leur programme gouvernemental, arrive à la conclusion suivante : « L’IA pourrait menacer l’attractivité des économies à hauts revenus auprès des talents. » Étant donné que, dans les économies développées, davantage d’emplois seraient remplacés par l’IA ou disparaîtraient que dans les économies moins développées, l’IA agirait comme un facteur d’égalisation entre les nations. Elle rendrait les nations les plus compétitives moins compétitives et les nations les moins compétitives plus compétitives. Dans le classement mondial des talents de l’IMD, le Luxembourg occupe cette année – pour l’instant – la 3e place, tandis qu’il n’est déjà que 23e dans le classement mondial de la compétitivité. ll
Christine Schaus,
Conseillère en gestion d’entreprise et associée chez PWC Luxembourg, elle devient la nouvelle présidente du conseil d’administration de Caritas Jeunes et Familles, une entité non touchée par le scandale financier. Elle succède à Marc Hengen, président de longue date et administrateur délégué de l’association d’assurances Aca, qui a démissionné la semaine dernière de toutes ses fonctions en raison d’un éventuel conflit d’intérêts. M. Hengen était également membre du conseil d’administration de la fondation Caritas, victime d’une fraude de 61 millions d’euros. Christiane Schaus (54 ans) est la petite-fille de l’ancien ministre de l’Éducation du CSV, Émile Schaus, et la fille de l’ancien directeur général de la CSSF, Jean-Nicolas Schaus, décédé en 2019, qui était considéré comme un proche confident de Luc Frieden à l’époque où ce dernier était ministre des Finances du CSV. Christiane Schaus siège depuis 28 ans au conseil d’administration de Caritas Jeunes et Familles, dont elle est devenue vice-présidente en 2019. ll
Bettel et Lehnert en tête
Selon le Politmonitor publié cette semaine, Xavier Bettel (DP) et Paulette Lehnert (LSAP) restent les personnalités politiques les plus populaires au Luxembourg. Le Premier ministre du CSV, Luc Frieden, n’occupe que la 4e place, derrière le député européen du DP Charles Goerens. Le fait que Frieden n’occupe que la septième place en termes de popularité ne devrait guère affecter le « PDG autoproclamé du Luxembourg » : après tout, dans les milieux économiques, on estime qu’un dirigeant redouté a plus de pouvoir qu’un dirigeant aimé. Il est toutefois quelque peu embarrassant que les personnes interrogées le jugent moins compétent que son vice-Premier ministre du DP. Peut-être que les bons résultats de Bettel et Lehnert (photo : sb) s’expliquent encore par leur stratégie de communication pendant la pandémie de coronavirus, lorsqu’ils se présentaient devant la presse presque chaque semaine et que leurs interventions étaient diffusées en direct sur Internet. Les points presse de Luc Frieden sont également diffusés en streaming. Avant qu’il ne prenne la parole devant les micros vendredi, à l’issue du Conseil d’État, on pouvait lire dans la version francophone du site officiel du gouvernement : « Le gouvernement informe la presse des mesures décidées pour faire face à la propagation du coronavirus. » Il s’agissait sans doute d’une simple omission de la part du service de presse de l’État. ll
Fait grave imputable
La commission parlementaire spéciale sur Caritas a débattu mercredi de la question de savoir si la liquidation de l’organisation humanitaire et son transfert vers la nouvelle structure « Hut » s’étaient déroulés dans le respect de la loi. Selon le député de gauche Marc Baum, des vices de procédure auraient pu être commis lors de la résiliation des conventions. De hauts fonctionnaires des ministères concernés auraient expliqué mercredi aux députés que l’État avait résilié unilatéralement les conventions avec Caritas dans un courrier envoyé le 25 septembre, avec effet au 30 septembre. La loi ASFT prévoit toutefois que l’État ne peut retirer un agrément que trois mois après une mise en demeure. Sauf s’il s’agit d’un « fait grave imputable au formateur rendant immédiatement impossible l’exercice de l’activité de formation ». Il convient désormais de déterminer si le détournement de 61 millions d’euros constituait un tel « fait grave imputable au formateur ».
On ignore également sur quelles données empiriques, quels projets de budget et quels plans de développement l’État s’est appuyé pour conclure une convention avec Hut. Apparemment, Hut s’est contenté de se référer au « travail préparatoire » effectué par Caritas, sans avoir élaboré de plans propres. Ce qui soulève la question de savoir s’il ne s’agit pas en l’occurrence d’un transfert d’entreprise incontestable, ce que Hut a, comme on le sait, rejeté, contrairement à l’OGBL et aux avocats spécialisés en droit du travail. Cela pourrait indiquer que la décision de créer une nouvelle structure avec de nouveaux contrats de travail n’était pas de nature juridique, mais politique. ll
Des forfaits plutôt qu’un loyer
À compter du 1er janvier, les patients ne devront progressivement plus participer aux frais de location d’appareil chez le médecin. Ces tarifs, qui sont signalés sur la facture par un « X » après le code et s’appliquent aux traitements dispensés en cabinet, seront progressivement remplacés par des forfaits, comme l’ont convenu la CNS et l’Association des médecins libéraux (AMMD). Ces forfaits sont entièrement pris en charge par l’assurance maladie, soit via le paiement immédiat direct (PID), si le médecin y a recours, soit selon le principe du paiement direct. Étant donné que la participation personnelle s’élève à 12 % pour la location d’appareils, tout comme pour les honoraires médicaux proprement dits, les patients auront tendance à payer moins à l’avenir.
La conception de ce changement remonte déjà au gouvernement précédent. Les tarifs de location des appareils peuvent varier d’une spécialité médicale à l’autre pour un même acte diagnostique, et leur montant est parfois considérable. Comme ces loyers ne tiennent pas compte du fait qu’un appareil est déjà amorti, ils n’ont aucun sens sur le plan économique. De plus, ils peuvent inciter les médecins à préférer exercer en cabinet plutôt que dans un hôpital, où le matériel technique est mis gratuitement à leur disposition et financé par le budget de l’établissement. Les forfaits sont conçus de telle sorte que le médecin récupère progressivement le coût d’achat de l’appareil – et rien de plus. Les économies qui en résultent sont répercutées sur les tarifs des traitements particulièrement complexes sur le plan médical ou qui demandent beaucoup de temps. À compter du 1er janvier, ces forfaits s’appliqueront dans un premier temps à certains appareils utilisés en gynécologie, en gastro-entérologie et en oto-rhino-laryngologie. pf