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Blog du 11 octobre 2024

Le bon flic « Ma porte est ouverte ! », a déclaré Martine Deprez, ministre des Affaires sociales du CSV (photo : Anouk Flesch), à la fin de sa conférence de presse vendredi dernier, en réponse à la question de savoir…

Article paru dans Édition octobre 2024
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Le bon flic

« Ma porte est ouverte ! », a déclaré Martine Deprez, ministre des Affaires sociales du CSV (photo : Anouk Flesch), à la fin de sa conférence de presse vendredi dernier, en réponse à la question de savoir pourquoi les Amiperas n’étaient pas invitées à la « consultation » sur les retraites, et comment les frontaliers pourraient se faire entendre. Vouloir rallier le monde entier à la discussion sur le « problème de croissance » du système des retraites ne peut pas nuire sur le plan politique. Cela peut affaiblir la position des syndicats et contribuer à limiter le coût électoral pour les partis au pouvoir, au cas où une réforme viendrait aggraver encore les coupes prévues dans le plan de 2012. Martine Deprez ne mentionne plus depuis des mois que c’est ce que le gouvernement a l’intention de faire. Face à la crainte d’être politiquement mis à l’écart lors des auditions d’acteurs tels que le Conseil de la durabilité et le Conseil de la jeunesse, ainsi que par les contributions des citoyens sous forme de messages limités à 500 caractères sur schwätzmat.lu, l’OGBL et le LCGB ont exprimé lundi leurs lignes rouges : pas de nouvelle réduction des retraites ; maintien de leur financement tripartite ; pas de « privatisation » vers des régimes de retraite d’entreprise et des contrats privés ; non à l’exclusion de la recherche de nouvelles sources de financement. Et si le gouvernement ne négociait pas uniquement avec les partenaires sociaux, une réforme devrait être soumise à un référendum. Ce qui serait bien sûr difficile, car cela ne pourrait pas se limiter aux seuls électeurs. pf

Bad Cop

Lorsque Georges Mischo, ministre du Travail du CSV, a même fait savoir à la presse, mardi, à l’issue de la réunion de la Commission permanente de l’emploi, par le biais d’un courriel officiel du gouvernement, que le monde du travail était en pleine mutation, que 56 % des délégués du personnel étaient « neutres » et qu’on en tiendrait « compte », les syndicats n’ont pu y voir qu’une déclaration de guerre. Mischo remet ainsi en cause un principe fondamental du partenariat social en vigueur depuis 1936. Or, pouvoir négocier des conventions collectives non seulement avec les syndicats représentatifs, mais aussi conclure des accords au niveau de l’entreprise avec les délégations, est une revendication de longue date de l’UEL. L’accord de coalition laisse entrevoir que le gouvernement CSV-DP pourrait céder sur ce point : le dialogue social et la représentation des salariés seraient réformés. Le fait que Mischo invoque la directive européenne sur le salaire minimum, qui vise à multiplier les conventions collectives, n’est peut-être pas une contradiction. Certes, celle-ci vise à faire entrer 80 % des salariés sous le régime des conventions collectives (contre 53 % actuellement au Luxembourg). Il n’est toutefois pas certain qu’elle impose de manière contraignante que seuls les syndicats puissent les négocier. Au Luxembourg, ce qui pourrait être déterminant, c’est la perception interne du CSV : l’aile syndicale du parti l’emportera-t-elle sur l’aile favorable aux entreprises ? pf

SSPT

RTL-Télé aborde la politique sous la forme de séances de psychothérapie. Dans une émission diffusée dimanche dernier, Félix Eischen (CSV) est revenu sur son burn-out, tandis que François Bausch (Déi Gréng) a évoqué le stress ministériel. Ce mercredi, c’est Roberto Traversini (Déi Gréng) qui a droit à un quart d’heure de reportage. Même si le traitement à la manière d’un feuilleton s’avère parfois gênant, les témoignages sont bruts et souvent poignants. Ceux de Traversini et d’Eischen se recoupent lorsqu’ils évoquent la « menschlech Enttäuschung », ressentie face au vide qui s’est installé autour d’eux, lorsque les ennuis ont commencé. Le député-maire de Kehlen décrit la politique comme un environnement peu propice à un « harmoniesüchtege Mënsch ». En mai 2021, alors qu’il ne s’était pas encore remis de son burn-out, Eischen s’est retrouvé pris dans l’affaire Frëndeskrees. Le désir de « certaines personnes » de porter plainte auprès du parquet, « ça m’a choqué », dit-il. Une phrase qui vise, sans les nommer, Gilles Roth et Martine Hansen, les deux chefs de groupe qui avaient entraîné Frank Engel (ainsi que six victimes collatérales) dans l’engrenage judiciaire. RTL a également rencontré Roberto Traversini pour montrer « qu’il y a des gens derrière tout ce scandale », qui avait entraîné dans sa chute la ministre Carole Dieschbourg (depuis blanchie). Cinq ans après sa démission, RTL veut savoir : « Wéi grouss sinn d’Scholdgefiller ? » Traversini admet : « Ech hu warscheinlech net alles richteg gemaach ». Mais voilà, il aurait travaillé « seize à 18 heures par jour », et parmi la multitude de décisions à prendre, certaines n’auraient pas été « les plus intelligentes ». Traversini évoque l’affaire Gaardenhaischen (photo : Mike Zenari) comme un « traumatisme », dont le « processus de guérison » serait toujours en cours. Il évoque également les pensées suicidaires qui le hantaient à une certaine époque : « Je ne traversais plus les ponts ni ne me promenais dans les jardins, car une partie de mon esprit me disait des choses étranges ». Son procès devrait débuter d’ici peu. Quelle serait une « punition juste », demande le journaliste. L’ancien député-maire répond que la punition, il la vit depuis cinq ans dans sa tête. bt

Le parquet insiste

Dans un communiqué inhabituel publié mercredi soir, le parquet a réitéré ce dont les médias doutent : dans l’affaire du détournement de 61 millions d’euros au préjudice de Caritas, l’enquête continue de privilégier la piste de la fraude au président. Les 8 200 transactions effectuées à intervalles très rapprochés vers des centaines de comptes ouverts dans de nombreux pays renforceraient la présomption qu’une association de malfaiteurs ou une organisation criminelle est impliquée dans cette fraude. Ce jeudi, 100,7 rétorque que la directrice financière n’a pas pu ordonner 125 virements de 500 000 euros vers l’Espagne sur plusieurs mois sans avoir joué « un rôle actif ». pso