Diriger en créant
La réforme des retraites doit permettre à « chaque génération d’apporter sa contribution ». Les Jonk Demokraten (JDL) ne se montrent pas plus précis dans leur prise de position publiée cette semaine. Ils souhaitent simplement que le gouvernement présente ses propositions « dans les meilleurs délais ». La JDL est toutefois convaincue que « l’exploitation de nouvelles sources de revenus alternatives pour le système de retraite », comme l’envisagent l’OGBL et le LCGB, serait néfaste pour la compétitivité. La CSJ et les Jonk Gréng se sont également exprimés, de manière plus détaillée que la JDL. Tous deux souhaiteraient augmenter la retraite minimale et prendre en compte les périodes de formation pour une retraite anticipée à partir de 60 ans, non seulement jusqu’à une certaine limite d’âge, mais aussi en les étendant aux formations continues. Pour Jonk Gréng, tous les investissements de la Sicav du fonds de compensation devraient être « compatibles avec l’Accord de Paris sur le climat ». La CSJ rendrait les assurances retraite privées plus attractives sur le plan fiscal : elle doublerait la déductibilité annuelle des cotisations pour la porter à 6 400 euros et exonérerait totalement d’impôt le versement du capital. Pour les ménages à faibles revenus, l’État devrait mettre en place un « compte d’épargne-retraite » subventionné. Peut-être que la CSJ financerait tout cela grâce aux économies réalisées sur les retraites à cinq sixièmes. En effet, elle supprimerait « dès que possible » le régime transitoire en vigueur au sein de l’État, des communes et des CFL. Les Jonk Gréng aussi, et ce « sans craindre de perdre des voix aux élections ». Il est toutefois très improbable que les partis mères partagent ce point de vue. PF
Affaires sociales
À l’approche du 1er mai, le Statec publie chaque année les principales enquêtes sur l’emploi au Luxembourg. Cette année, on remarque tout particulièrement que, depuis fin 2024, seuls 0,5 % de nouveaux emplois ont été créés dans le secteur privé ; si l’on ajoute le secteur public, on obtient une hausse totale de 1 %. Une évolution qui, à long terme, ne permettra pas d’assurer la pérennité du système de sécurité sociale luxembourgeois. Comme c’était déjà le cas en 2023, le Luxembourg est le seul pays où les femmes perçoivent un salaire médian horaire supérieur à celui des hommes ; l’écart peut atteindre 11 %. En France, en revanche, l’écart de rémunération entre les sexes s’élève à 17 % en faveur des hommes, tandis qu’en Belgique, les salaires horaires des hommes et des femmes sont pratiquement identiques. Le Statec définit un « salaire faible » comme un salaire horaire brut représentant deux tiers ou moins du salaire médian du pays concerné. Au Luxembourg, 14 % des salariés perçoivent un salaire faible, contre 10 % en France et seulement 2 % au Portugal. Dans le cadre du débat actuel sur l’extension des horaires de travail le dimanche, l’enquête de la Statec réserve une surprise : par rapport aux 27 États membres de l’UE, le Luxembourg affiche une proportion relativement élevée de salariés travaillant « occasionnellement » le dimanche – pas moins de 16,4 %, alors que la moyenne européenne s’établit à 10,7 %. Seuls 8 % des salariés travaillent toutefois régulièrement le dimanche ; en France, cette proportion est nettement plus élevée, à 14,7 %. Ces derniers temps, les employeurs se sont également plaints de plus en plus souvent du taux élevé d’absentéisme pour cause de maladie parmi les salariés. Selon l’enquête Statec, quatre personnes sur cinq âgées de 15 à 64 ans déclarent toutefois être en « bonne santé ». Ce chiffre devrait être lié à une forte motivation au travail, car la satisfaction est généralement étroitement liée à la santé. La situation est sans doute moins dramatique que ne le laissent entendre les employeurs, pour qui les arrêts maladie sont peut-être plus visibles en raison de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Autre constat plutôt surprenant de l’enquête Statec : la Belgique a désormais dépassé le Luxembourg en termes de pouvoir d’achat. Il n’est pas étonnant que le nombre de frontaliers reste élevé : ils représentent 47 % des 489 000 salariés. sm
Négoce de matières premières
À la mi-avril, l’ONG britannique Global Witness a publié une enquête révélant que la société Traxys, basée au Luxembourg, avait négocié 280 tonnes de coltan au Rwanda l’année dernière. Une grande partie de cette matière première proviendrait de la province du Kivu, occupée par la milice M23 soutenue par le Rwanda. L’entreprise aurait ainsi enfreint la législation européenne relative à l’importation de minerais provenant de zones de conflit, comme le suggère l’analyse de Global Witness. Dans ce contexte, le député David Wagner (déi Lénk) a demandé au ministre des Affaires étrangères Xavier Bettel (DP) si des enquêtes avaient été menées à ce sujet et si des infractions avaient été constatées. Le ministre des Affaires étrangères Bettel a répondu cette semaine qu’un contrôle des pratiques commerciales avait eu lieu avant 2024, sans toutefois fournir de précisions sur ses résultats. Les députés du LSAP Paulette Lenert, Mars Di Bartolomeo et Franz Fayot ont adressé une série de questions similaires au ministre du DP.
À la mi-février, M. Bettel avait reporté, au sein du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE, la décision relative aux sanctions à l’encontre d’officiers rwandais et de membres du M23. Il a ensuite expliqué que son objection n’avait rien à voir avec des intérêts économiques, mais qu’elle reflétait le souhait que les décideurs africains tentent d’abord eux-mêmes de résoudre le conflit. Le média en ligne Reporter a de nouveau soulevé la question la semaine dernière : des considérations économiques n’auraient-elles pas tout de même été au premier plan ? Certes, le volume des échanges commerciaux entre le Luxembourg et le Rwanda est faible, mais les statistiques ne prennent pas en compte « les activités menées à l’échelle mondiale par des entreprises basées au Luxembourg ». sm
La violence à l’école
Dans une publication Facebook devenue virale, un enseignant du primaire a déploré la recrudescence de la violence physique et verbale entre élèves. De plus en plus souvent, le personnel enseignant doit consacrer son énergie aux enfants présentant des troubles du comportement, ce qui entraîne une baisse de la qualité de l’enseignement. Dans ce contexte, le député du Parti pirate Sven Clement a demandé, dans une question parlementaire adressée au ministre de l’Éducation Claude Meisch (DP), quelles étaient les études disponibles sur le sujet et s’il existait des explications à la recrudescence des actes de violence dans les écoles. Le ministre du DP a répondu cette semaine qu’il avait commandé une étude afin d’examiner les causes de la propension à la violence chez les élèves. Les premiers résultats devraient être disponibles à l’automne. Il faudrait également déterminer si le nombre d’incidents est réellement en hausse. Une chose est toutefois claire : avec Internet, la nature des maltraitances a changé. La semaine dernière, deux adolescentes ont frappé une autre jeune fille et ont filmé la scène pour la diffuser ensuite sur les réseaux sociaux et humilier la victime. sm