Un cyclo-voyageur bordelais au Luxembourg

d'Lëtzebuerger Land du 19.12.2025

Après plusieurs périples autour du monde, Gaëtan Couffignal s’est lancé dans le voyage… à vélo. Ses destinations changent : En plus de redécouvrir sa région bordelaise, l’ingénieur arpente d’autres routes européennes. Des véloroutes existantes comme la Loire à Vélo ou la Belle Via, mais aussi des itinéraires inédits tels que le Chemin de Compostelle, Amsterdam-Paris ou encore… le Tour du Luxembourg, réalisé en mai dernier. Penché sur une carte, Gaëtan est intrigué par ce « tout petit pays » et réalise qu'il n’en connaît pas grand-chose : « Je n’avais que l’image des banques et des institutions européennes et j’ai eu envie d’en savoir plus ». Ainsi commence un voyage de sept jours, 624 kilomètres et 5 750 mètres de dénivelé positif.

La vidéo étant l’autre passion de Gaëtan, il créé, il y a cinq ans, sa chaîne Youtube « Cyclo Voyage avec Gaetan », où ses 12 700 abonnés découvrent près de 300 vidéos. Le trentenaire y partage non seulement ses aventures et de nombreux conseils pratiques, mais aussi de longues interviews avec d’autres cyclo-voyageurs. « Mon but est de donner envie aux gens de se lancer à vélo pour explorer des territoires », explique-t-il. Gaëtan Couffignal propose aussi, du printemps à l’automne, des « cyclo-balades » de différents leur niveau. Une fois par an, une nuit en bivouac est organisée. Si la vidéo reste son format privilégié, il a aussi publié trois livres. En 2022 sortait Compostelle à vélo, rejoint, l’automne dernier, par la Saône-et-Loire et Le Tour du Luxembourg à vélo. Tous sont divisés en deux parties. La première moitié prend la forme d’un carnet de voyage tandis que la deuxième, intitulée « Retour d’expérience », est plus pratique et décrit les étapes, la difficulté, le budget, ou encore les campings où l’ingénieur s’est arrêté.

Gaëtan s’imaginait le Grand-Duché bien plus urbanisé qu’il ne l’est. « Quand j’ai quitté la capitale, je suis rapidement arrivé le long de la Moselle et je ne savais pas qu’il y avait tous ces vignobles, puis il y a eu la Petite Suisse luxembourgeoise, les châteaux, les Terres Rouges… ». Par ces paysages divers qu’il ne soupçonnait pas, le Bordelais estime qu’il s’agit de l’un de ses plus beaux voyages. Il ne s’attendait pas non plus à des montées aussi raides et recommande de bien penser à regarder le dénivelé ! Lui qui pensait ne pas pouvoir rencontrer l’ancien cycliste professionnel Andy Schleck, apprend par hasard que le champion est finalement disponible. « J’ai dû faire un gros détour mais ça valait le coup », affirme Gaëtan. Qui dit long itinéraire, dit aussi mésaventures. Dès le début de son expédition, Gaëtan entend un bruit « pas normal » prvenant de son vélo. Il s’arrête dans un magasin mais les pièces qu’il lui faut ne sont pas disponibles alors il continue. Au beau milieu d’un endroit perdu, la roue libre lâche. Durant la seconde moitié de son voyage, il doit ainsi garder une pression constante sur les pédales pour que celles-ci ne moulinent pas toutes seules dans les descentes. « Le genre de galère qui arrive tout le temps », relativise le voyageur.

En plus du livre, un court-métrage relatant son tour du Luxembourg devrait également sortir courant 2026. Contrairement aux films réalisés pour ses autres voyages, celui-ci ne suivra pas un plan chronologique mais thématique. Gaëtan y montrera ce qui l’a heureusement surpris, comme les mémoriaux de la guerre qui marquent les paysages du nord ou l’importance du cyclisme au Grand-Duché. Il espère présenter son film dans plusieurs festivals, à l’image de son Tour de l’Alsace, diffusé lors du festival international du voyage à vélo. « Mon film s’est retrouvé au milieu des expéditions extrêmes sur d'autres continents, le genre de voyages qui fait rêver mais qui semble inaccessible… alors que mes expériences peuvent se vivre durant les vacances », relate-t-il. Que ce soit à travers les vidéos sur les réseaux, les livres ou les films plus longs, le message est le même : « Vous aussi, vous pouvez le faire ». Pas besoin d’être un grand sportif ni d’investir dans du matériel hors de prix, il suffit de pédaler à l’allure que l’on veut !

Voilà maintenant plusieurs années que Gaëtan mène des excursions à vélo et il espère « planter une petite graine » chez ses deux filles. Il apprécie particulièrement la lenteur à laquelle oblige le deux-roues. « Dans un monde où tout va toujours plus vite, le vélo nous ramène au temps présent, aux sensations, aux odeurs. Le voyage n’est pas la destination mais le chemin, il est permanent ». Que ce soit pour ne penser à rien ou à plein de choses, le trentenaire apprend aussi à être seul. Une solitude qui permet de belles rencontres. Aussi, à la fin de chaque aventure, le cyclo-voyageur l’avoue : « Je n’ai qu’une idée en tête, c’est de repartir ! »

Yolène Le Bras
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