Trouver une remplaçante à la ministre de l’Environnement Carole Dieschbourg s’est avéré difficile. Certaines femmes politiques se sont désistées pour des raisons personnelles. D’autres n’entraient pas en ligne de compte pour des raisons tactiques. Le parti ne jugeait pas les candidates restantes aptes à occuper un poste ministériel. La direction du parti s’est mise d’accord sur une fonctionnaire sans affiliation politique ni mandat, Joëlle Welfring.
Lors des élections de 2018, le DP et le LSAP ont perdu quatre mandats. Les Verts en ont gagné trois. La coalition a conservé sa majorité parlementaire. Ce sont donc les Verts qui ont sauvé la coalition. Ils ont empêché le retour du CSV. Lors des négociations de coalition, ils l’ont rappelé au DP et au LSAP. Le gouvernement a été élargi afin qu’ils obtiennent un ministre et demi supplémentaire.
La majorité gouvernementale ne tient qu’à un siège au Parlement. Cela la rend vulnérable au chantage. Elle doit faire preuve d’une discipline de fer : aucun député ne doit sortir du rang. Depuis quatre ans, le CSV rêve des frasques d’un socialiste de gauche, d’une libérale de la vieille école, d’un fondamentaliste.
Ceux qui avaient sauvé la coalition sont devenus son talon d’Achille. La situation est particulièrement délicate dans les deux grandes circonscriptions électorales. Là-bas, aucun député vert ne doit démissionner pour des raisons morales, de santé ou autres. Sinon, la coalition risque de s’effondrer.
Les responsables politiques sont aux prises avec le caractère inéluctable de la raison d’État. Si un député du Centre, membre des Verts, démissionne, le huitième élu, Paul Polfer, peut prendre sa place. Le coordinateur de l’Alliance pour le climat a entre-temps quitté le parti. S’il prend la relève, la majorité gouvernementale dépendra de son vote. Il pourra faire pression sur la majorité. Par exemple pour renforcer la protection du climat. Les entrepreneurs proches du DP désapprouveraient cela.
Si une députée des Verts du Sud démissionne, l’ancien ministre de la Justice Felix Braz pourra prendre sa place au Parlement. Après son AVC, les Verts avaient décidé de le démettre avec les honneurs. Aujourd’hui, il se sent trahi. S’il prend la relève, la majorité gouvernementale tiendra jusqu’à ce qu’il ait envie de prendre sa revanche.
La coalition avance sur des charbons ardents jusqu’aux élections. Entre pandémie de Covid, guerre en Ukraine et manipulation des indices boursiers. Leur sort rappelle celui de leurs pères dans les années 70. Le DP et le LSAP détenaient
31 des 59 mandats. Lors de la crise de la sidérurgie, ils avaient qualifié leur vocation historique de « gestion de crise ». Eux non plus n’étaient pas sûrs de leur majorité : au sein du LSAP, Jean Gremling, avocat recruté de force, se souciait peu de la ligne du parti. Au DP, le directeur d’assurance Alain Schaack, trop pieux, a pris la relève un an avant les élections.
Si la coalition perdait sa majorité, elle n’aurait pas à perdre espoir. Le Parti pirate de Sven Clement a recueilli de nombreux votes protestataires issus des classes subalternes. Mais il défend des opinions libérales. Clement se montre onctueux et partisan de l’État. Il se présente comme une « opposition constructive ». Il est compatible avec une coalition. La coalition le ménage. La presse l’aide.
Actuellement, les Pirates s’opposent à la vaccination obligatoire et à la manipulation de l’indice des prix. Non par conviction, mais par opportunisme. Par conséquent, cela ne leur ferait pas de mal d’être en faveur de ces mesures demain. Les Pirates veulent réitérer la réussite des Verts. Mais de manière plus impatiente et sans principes. Elles se croient proches du but.
RTL et le Luxemburger Wort achètent à TNS-Ilres des sondages d’opinion sur la concurrence entre les partis. Dans un classement national de popularité, ils ont placé Sven Clement en quatrième position : plus populaire que 14 ministres et que tous les députés. Son cercle électoral devient trop étroit pour son ambition. Il se sent appelé à de plus hautes fonctions. Depuis 2020, la mission historique du gouvernement se limite à la gestion de crise. Au besoin, ces deux vocations pourraient se compléter. Si le Premier ministre Xavier Bettel venait à perdre sa majorité, il pourrait demander l’aide de Sven Clement. Sous forme de tolérance parlementaire, de soutien ou de participation. Tout dépendrait du prix. On est entre hommes d’affaires. Pourquoi pas aussi après les élections ?
Au-delà des bâtiments
Il fallait un premier lauréat. Christian Bauer inaugure le palmarès du Lëtzebuerger Architekturpräis. En créant cette distinction, le ministère de la…