Timba entame un nouveau cycle : la célèbre collection de livres miniatures s’enrichit de trois nouveaux volumes au format traditionnel. Écrits en luxembourgeois, ces petits livres à 4 euros ne comptent pas plus de 40 pages. Une raison de plus de se replonger dans la lecture – entre deux activités, pour le plaisir et sans engagement –, et l’espace idéal pour les auteurs qui souhaitent tenter l’expérience de se concentrer sur l’essentiel dans un espace aussi restreint et de créer une histoire courte et percutante, qui est bien plus qu’un simple instantané.
Ces trois nouveaux tomes de la série sont extrêmement variés. À commencer par la nouvelle « Am Ballon iwwer Lëtzebuerg » (Timba n° 20) de Romain Haas, un récit d’aventures dans le style de Jules Verne avec une touche de Don Quichotte. Le bricoleur Dr Henri N. C. Kerschen, qui a toujours aimé lire, cherche à sa manière un moyen de vivre lui aussi, pour une fois, une véritable aventure. L’histoire se déroule au début du XXe siècle, lorsqu’il décide, un beau jour, de faire le tour de tout le Luxembourg en ballon.
En compagnie de sa nièce Amélie et de son mari, le narrateur Jang, ils vivent ainsi tant d’aventures, grandes et petites, et rencontrent une foule de journalistes, qui se sont accrochés à leur fête, et survivent à une tempête et à un accident. C’est un récit de voyage divertissant mettant en scène des personnages excentriques, avides d’expérimentations, qui partent en expédition, dans la plus pure tradition des grands récits d’aventures classiques.
L’histoire de Cathy Clement, « Rondel », figure sans aucun doute parmi les meilleurs textes de la série à ce jour. Avec beaucoup d’humour et grâce au langage particulier de la narratrice, qui utilise de nombreux anglicismes lorsqu’elle parle et réfléchit, on assiste ici à un tournant dans la vie de Finn. Elle a la cinquantaine et doit se demander ce qui reste quand on est à bout, que le passé semble plus beau… et comment on peut s’en sortir. Son travail à la boucherie n’existe plus, et travailler à la caisse n’est pas une partie de plaisir ; ses parents et son mari sont décédés l’un après l’autre, et ses enfants ont quitté la maison. La Finlandaise est en proie à une immense lassitude, elle est en pleine crise existentielle. Même Liese ne lui procure plus aucun plaisir. De manière concise et percutante, Cathy Clement met en scène une situation qui marque un tournant, et lui donne une voix parfaitement adaptée et authentique. Absolument dans le top trois de la série Timba.
La nouvelle « Vill Gléck fir de Gebuertsdag » de Sophie Gitzinger aborde également un thème familier, mais d’une manière différente et avec une approche différente. Il s’agit de la première nouvelle de la série Timba qui fait référence à une publication antérieure de la même autrice, « Bonne année » (Timba n° 4) – inspirée de l’histoire en deux parties de Julie Vinandy-Schmit intitulée « Engelsflilleken ». Aujourd’hui, sept ans après un diagnostic difficile, Sophie Gitzinger, son personnage principal, est en pleine vie et doit relever de nouveaux défis – comme celui de trouver un partenaire –, même si l’avenir reste incertain et que la question « Combien de temps encore ? » plane comme une épée de Damoclès au-dessus de tout… De manière intime et optimiste, le roman aborde des questions qui nous concernent tous dans la vie (même dans des circonstances moins dramatiques).
C’est un vrai plaisir de découvrir ces nouvelles si variées issues de cette série, qui constituent un véritable enrichissement pour la littérature en luxembourgeois et offrent une plateforme unique pour découvrir de nouvelles œuvres – tout en rendant ces textes courts accessibles et partageables dans un format fluide et simple.