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Cinéma 3 min de lecture

Sachet surprise

Denis, un homme d'une quarantaine d'années, au chômage, malheureux et débraillé, doit apprendre à ses dépens que croire au Père Noël n'est pas un jeu d'enfant, telle est la description du court-métrage *Endstatioun*…

Article paru dans Édition octobre 2021
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Denis, un homme d’une quarantaine d’années, au chômage, malheureux et débraillé, doit apprendre à ses dépens que croire au Père Noël n’est pas un jeu d’enfant, telle est la description du court-métrage *Endstatioun* (2020-2021) en français. La fête chrétienne de l’amour approche à grands pas. Les boules colorées accrochées aux sapins sont une invitation prometteuse et, en fond sonore, on entend *Jingle Bells*…

Dans un parking souterrain, une affaire louche se trame. Il y a beaucoup d’argent en jeu : la drogue colombienne blanche, symbole de l’ego, prisée par la haute société, change de mains dans un sac de courses. Denis (Simon Pitt) a vu ses rêves s’effondrer et se laisse entraîner dans cette affaire.

Dans un magasin de jouets, la petite Louise (Lilia Baume) reçoit le cadeau de Noël qu’elle attendait avec tant d’impatience et saute de joie. La clientèle est tout aussi hautaine que dans la ville haute de Luxembourg (Annette Schlechter est délicieuse dans le rôle d’une dame âgée qui fait la fine bouche).

Une cabine photo installée dans un passage souterrain miteux immortalise des clichés. C’est là que Louise se retrouve par hasard, et c’est aussi là que Denis se réfugie, car il ne faut pas plaisanter avec les douaniers. Leurs chiens renifleurs détectent la drogue de loin.

Endstatioun tisse avec brio un scénario surprenant. Dans ce court-métrage de seulement 15 minutes, une carte blanche du Film Fund qui devait initialement être produit par Pol Cruchten et qui a finalement été achevé par Tessy Fritz (Canopée asbl), tout est parfaitement harmonisé, y compris le casting : Pitt Simon incarne à la perfection le sans-abri désabusé qui se transforme au fil de l’histoire. Mais les comédiens et comédiennes sont tout aussi convaincants dans les seconds rôles : ainsi, Sascha Ley incarne avec autant de froideur que de charme une douanière, tandis que Pascale Noé Adam interprète, avec une attitude à la fois réservée et légèrement soumise, une vendeuse francophone qui se laisse réprimander par des Luxembourgeoises de la classe moyenne… Sans oublier les lieux de tournage (le magasin de jeux « Chez Joujoux » à Ettelbrück, le passage souterrain de la gare SNCF près du Lycée Technique d’Ettelbrück, la ligne de bus Thionville-Luxembourg ; le Café de la Gare & Salon Colombien à Pfaffental ainsi que le parking de l’Auchan de Kirchberg) capturent la réalité luxembourgeoise, aux multiples facettes et marquée par ses disparités sociales – sans tomber dans les clichés. Le dénouement inattendu de l’histoire ne fait pas seulement cligner des yeux aux spectateurs, mais leur fait aussi monter les larmes aux yeux de rire, un peu comme autrefois avec *Schwarzfahrer* de Pepe Danquart (1992).

Endstatioun ; production : Canopée Produktion asbl, 2020-2021, avec le soutien du Film Fund Luxembourg. Avec, entre autres : Pitt Simon, Lilia Baume, Pablo Andrès, Joël Delsaut, Annette Schlechter, Eugénie Anselin, Sacha Ley