Ce n'était pas notre intention
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Mercredi, le député CSV Paul Galles a accordé une interview à Radio 100.7 sur la politique climatique. Expert environnemental de son parti, il est également président de la commission Environnement de la Chambre. Son entretien s’est révélé intéressant. Jusqu’à présent, ce docteur en…
Mercredi, le député CSV Paul Galles a accordé une interview à Radio 100.7 sur la politique climatique. Expert environnemental de son parti, il est également président de la commission Environnement de la Chambre. Son entretien s’est révélé intéressant. Jusqu’à présent, ce docteur en théologie s’était surtout exprimé de manière abstraite sur les enjeux climatiques, privilégiant la philosophie à l’action politique.
Ce n’était pas le cas mercredi. Il a expliqué que les vagues de chaleur qui frappent l’Europe depuis la mi-juin doivent inciter le Luxembourg à adopter une politique climatique plus ambitieuse. Il a toutefois précisé que la notion de « plus ambitieuse » restait à définir. Il attend du gouvernement qu’il se prononce sur la question. Dans l’affirmative, il espère qu’il engagera ensuite des discussions avec toutes les parties prenantes sur les potentialités supplémentaires de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Et de maintenir le système de subventions actuel.
Il estime néanmoins que « le message de la gravité de la situation n’a pas toujours été entendu dans la sphère politique ». Il n’a constaté aucune « nouvelle conséquence » de cette prise de conscience. Il ignorait « si le gouvernement, si le ministre de l’Environnement, engagerait un dialogue avec les parties prenantes ». Les mesures climatiques étaient si soigneusement équilibrées « qu’elles ne nous seraient pas économiquement préjudiciables ». Il ne s’agissait pas d’un simple exercice d’équilibriste. Lui-même estimait que cet équilibre devait être maintenu. Mais « néanmoins, nous devrions réfléchir à la manière d’atteindre la neutralité climatique plus tôt » que 2050.
Ce qui était remarquable dans ces déclarations, c’était qu’elles se concentraient sur la réduction des émissions et non sur la climatisation, la végétalisation urbaine ou la protection contre la chaleur sur les lieux de travail, dans les écoles, les hôpitaux, et cetera. Ces éléments sont importants, mais ils servent à s’adapter au réchauffement climatique, et non à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les voix qui appellent à des efforts accrus dans ce sens se font rares. Partout en Europe, alors même que le continent se réchauffe plus de deux fois plus vite que le reste du monde. Les sceptiques ont renoncé à la protection du climat. Les lobbyistes la considèrent comme un frein à la compétitivité. Les jeunes militants ne sont plus nombreux. Peut-être parce qu’il y a sept ans, ils descendaient dans la rue face à une menace encore abstraite, alors qu’aujourd’hui elle est concrète, et Fridays for Future devrait trouver un nouveau combat. Et puis il y a les guerres, Trump, la montée du fascisme et l’IA. Ce n’est pas seulement la forêt qui brûle.
Et puis Galles arrive et donne même l’impression, à la radio, de s’en prendre au Premier ministre et au ministre de l’Environnement. Ce sont pourtant eux qui devraient s’attaquer au fait que, depuis mi-juin, les vagues de chaleur s’enchaînent, que l’eau potable se raréfie par endroits et que les forêts s’assèchent. Or, ils n’ont rien dit des conséquences politiques qui devraient découler de ce qui se passe en Europe depuis deux mois. Il y a à peine trois semaines, Luc Frieden déclarait au Land qu’une « politique environnementale pragmatique » était typique du CSV. À l’inverse, Galles estime qu’il est temps de laisser derrière eux la campagne électorale de 2023. Ils doivent « être un peu plus persévérants » (e bëssen nerven).
Une conscience morale se réveille-t-elle contre ceux, au sein du parti, qui, au final, se désintéressent de la protection du climat ? C’est possible. Mais Paul Galles n’est pas un simple député ; il est président de la commission parlementaire de l’environnement. À ce titre, il pourrait initier les politiques qu’il souhaite. Il pourrait stimuler les débats au sein de la commission. Il pourrait inviter les responsables gouvernementaux concernés. Il pourrait évaluer si le message a été reçu et comment ils envisagent les prochaines étapes politiques. Or, Paul Galles n’a rien dit de tout cela. Personne ne lui a posé la question. Finalement, son point de vue sur la politique climatique n’est probablement qu’un détail au sein du Parti populaire. Et se contenter d’être un peu gênant ne suffit sans doute pas.
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