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Fil d’actualité du 27 mai 2022

Chez nous, il n'y a pas de pauvres Reléguée dans les annexes du dernier rapport annuel du Fonds spécial de soutien au développement du logement, cette statistique a quelque chose de honteux. Elle fournit…

Article paru dans Édition mai 2022
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Chez nous, il n’y a pas de pauvres

Reléguée dans les annexes du dernier rapport annuel du Fonds spécial de soutien au développement du logement, cette statistique a quelque chose de honteux. Elle fournit, commune par commune, des informations sur les logements locatifs publics. Ou plutôt sur leur absence. Cette absence peut être totale : 34 communes luxembourgeoises ne disposent d’aucun (zéro) logement social locatif. C’est notamment le cas des localités huppées de Garnich, Briddel-Kopstal, Nommern, Weiler-la-Tour et Leudelange. La commune de Reckange-sur-Mess ne compte qu’un seul logement social locatif, tout comme Beaufort et Frisange. Les grandes communes ne font guère mieux : seul Grevenmacher dépasse, de justesse, la barre des deux pour cent de logements sociaux locatifs pour cent habitants. Sinon, le taux s’établit à 0,22 % à Sanem, 0,42 % à Ettelbruck, 0,49 % à Bettembourg, 0,51 à Dudelange, 1,05 à Luxembourg-Ville, 1,28 à Differdange, 1,45 à Esch-sur-Alzette, 1,48 à Diekirch et 1,53 à Rumelange. (photo : sb) bt

Bientôt parrain de l’euro ?

L’ancien ministre des Finances du Parti démocratique (DP), Pierre Gramegna (photo : sb), reste, après un vote informel organisé lundi parmi les 19 ministres des Finances de l’Eurogroupe, l’un des candidats au poste de directeur général du Mécanisme européen de stabilité (MES), et pourrait désormais être considéré comme plus qu’un simple favori. À l’issue du vote à bulletin secret, le Néerlandais Menno Snel, ministre des Finances jusqu’en 2019 et ancien collaborateur du FMI, a retiré sa candidature. Outre M. Gramegna, l’Italien Marco Buti, chef de cabinet du commissaire européen aux affaires monétaires Paolo Gentiloni, ainsi que João Leão, ministre des Finances du Portugal jusqu’en mars, sont toujours en lice. La décision finale sera prise le 16 juin par le Conseil des gouverneurs du MES. Est élu celui qui obtient 80 % des voix, calculées en fonction de la participation au capital du MES de chaque État membre de la zone euro. L’Allemagne, la France et l’Italie ont donc le plus de poids. Selon des sources européennes, Gramegna aurait réussi mardi à « s’assurer le soutien des Français ». La Frankfurter Allgemeine Zeitung avait rapporté la semaine dernière qu’il était le favori du ministre allemand des Finances Christian Lindner, du FDP. En revanche, le chancelier SPD Olaf Scholz pencherait plutôt en faveur du socialiste Leão. Mais selon la FAZ de ce lundi, le fait que le Portugal ait déjà eu recours au fonds de sauvetage de la zone euro jouerait en défaveur de ce dernier : cela reviendrait à « confier la garde du jardin au bouc ». La presse économique a abondé cette semaine en réflexions sur le fait que personne n’a plus besoin du MES bureaucratique, le fonds européen de lutte contre le coronavirus étant bien plus populaire. C’est pourquoi, au lieu d’un expert, un « homme politique » comme Leão ou Gramegna pourrait prendre la tête de ce fonds et bénéficier d’un « poste de confort », comme l’a raillé la FAZ. pf

Révision de la réforme

Après que Luc Frieden, ministre de la Justice du CSV, eut présenté en juin 2007 à la Chambre des députés un projet visant à moderniser en profondeur la législation relative aux sociétés commerciales, le registre du commerce et la comptabilité des entreprises, il a fallu attendre neuf ans pour que celle-ci soit mise en œuvre par la loi du 10 août 2016. Une commission ad hoc de la commission parlementaire de la justice avait examiné une centaine d’amendements. La semaine dernière, la ministre de la Justice Sam Tanson (Verts) a déposé un projet de loi qui, en 89 articles, corrige les « erreurs matérielles et incohérences » contenues dans le texte de réforme. Selon l’exposé des motifs, celles-ci « n’ont pas pu être évitées malgré tout le soin apporté » et ne sont apparues, pour certaines, qu’après l’entrée en vigueur de la loi. Le projet tient également compte d’une série de directives européennes entrées en vigueur depuis lors. pf

Où les camionneurs devraient-ils charger leurs marchandises ?

Si des bornes de recharge pour camions électriques doivent être installées au Luxembourg, les emplacements les plus appropriés seraient les stations-service autoroutières de Berchem et Capellen, le centre de fret de Findel, mais aussi la zone industrielle de Munsbach et le centre logistique d’ArcelorMittal à Differdange. C’est ce que recommande l’Association européenne des constructeurs automobiles (ACEA). À sa demande, l’Institut allemand Fraunhofer pour la recherche sur les systèmes et l’innovation a déterminé, à partir de données GPS, les endroits en Europe où 400 000 camions longue distance se sont arrêtés le plus fréquemment au cours des douze derniers mois. Les 10 % des sites les plus importants – au Luxembourg, ceux mentionnés ci-dessus – devraient être équipés, d’ici 2027 au plus tard, à la fois de bornes de recharge rapide de l’ordre du « mégawatt » et de bornes permettant une recharge nocturne, selon l’Acea. C’est au Cargozentrum que l’Institut Fraunhofer a recensé le plus grand nombre d’arrêts de camions au Luxembourg. pf

Ce que nous faisons dans l’ombre

Le secteur de l’« intermédiation financière », parallèle au système bancaire traditionnel, continue de susciter des inquiétudes. Le chroniqueur du Financial Times, Ruchir Sharma, identifie cette semaine le « shadow banking » comme un foyer potentiel d’une future crise financière. Une prédiction qui devrait inquiéter le Luxembourg, décrit par Sharma comme l’un des « foyers » du « shadow banking », dont les actifs auraient connu une croissance annuelle avoisinant les dix pour cent. En 2019, le Comité européen du risque systémique avait estimé le poids de l’intermédiation financière en Europe : le Luxembourg arrivait largement en tête du classement avec 14 000 milliards d’euros. Une prédominance qui s’explique par la profusion de holdings, de sièges sociaux de multinationales, d’organismes de titrisation et d’assureurs. bt

Évaluation européenne

La Commission a publié cette semaine ses recommandations dans le cadre du « semestre européen ». On y retrouve en partie les vieilles recettes, à commencer par le relèvement de l’âge effectif de départ à la retraite, décrit comme « la mesure dont l’impact macroéconomique serait le plus bénéfique ». Vient ensuite une critique de la planification fiscale « agressive », qui continue d’être structurée via le « conduit-country » luxembourgeois. Un sujet de « préoccupation particulière » serait l’absence de retenue à la source sur les paiements vers les paradis fiscaux, notamment ceux jugés « non coopératifs » ; une lacune qui pourrait « être exploitée par les multinationales ». La Commission souligne surtout les « inégalités croissantes dans le système éducatif […] aggravées par l’enseignement multilingue et par la manière dont les élèves sont orientés vers différents parcours scolaires dès leur plus jeune âge ». Les pistes avancées restent très vagues, teintées d’idéalisme technocratique : Il faudrait ainsi améliorer « la gouvernance », les « outils d’évaluation » ainsi que les « objectifs mesurables de promotion de la qualité et de l’égalité des chances ». Quant à l’enseignement des langues, il devrait être « mieux adapté au développement cognitif des élèves ». Pour le reste, Bruxelles se déclare satisfaite. Le Luxembourg fait toujours figure d’élève modèle en matière budgétaire, l’un des derniers à respecter les critères de Maastricht, suspendus depuis mars 2020 (et au moins jusqu’en 2023). En 2021, la dette publique du Luxembourg s’élevait à
24,4 % du PIB. « Le ratio de la dette publique au PIB devrait progresser d’ici à 2025, en particulier en 2024, année où il atteindra 26,2 %, et se maintenir à 26,2 % en 2025 », note la Commission. Mais les risques pesant sur la viabilité de la dette lui semblent « faibles à moyen terme ». bt