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Fil d’actualité du 24 novembre 2023

Monopoles Spuerkeess (photo : sb), BIL, BGL BNP Paribas, Banque Raiffeisen, La Poste et ING ont annoncé mardi la création d’un réseau national de « distributeurs automatiques de billets ». D’ici 2025…

Article paru dans Édition novembre 2023
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Monopoles

Spuerkeess (photo : sb), BIL, BGL BNP Paribas, Banque Raiffeisen, La Poste et ING ont annoncé mardi la création d’un réseau national de « distributeurs automatiques de billets ». D’ici 2025, les distributeurs de billets seront gérés par un nouvel opérateur sous la marque commerciale « Bancomat ». Évidemment, dans leur communiqué, les parties prenantes soulignent les gains en matière d’accessibilité rendus possibles par cette alliance. « Ces nouveaux guichets automatiques permettront également de réduire l’empreinte carbone du réseau », assurent-elles encore. Les billets déposés par les clients seraient distribués lors des retraits suivants, réduisant ainsi le recours aux transports de fonds, précise-t-on, ce qui laisse entendre que cela n’est pas possible aujourd’hui. Mais surtout, on promet que la mise en commun du réseau « n’entraînera pas de coût additionnel pour les clients » et qu’ils « bénéficieront des services mis à disposition par leur banque sur l’intégralité du territoire ».

Ce n’est pas le premier GIE regroupant des acteurs bancaires locaux. Certains d’entre eux s’associent à la Bourse et dans le domaine de la lutte contre le blanchiment (i-Hub), des marchés professionnels accessibles au-delà des frontières. Cette alliance a une incidence directe sur le service à la clientèle nationale. En cas d’insatisfaction, vers quelle alternative le client pourra-t-il se tourner ? L’Autorité de la concurrence ne peut pour l’heure contrôler les concentrations ex ante, « faute de base légale », fait remarquer son président Pierre Barthelmé. Une position monopolistique peut également ne pas poser de problème juridique. « L’Autorité pourra évidemment ouvrir à tout moment (soit d’office, soit sur plainte recevable) une procédure pour abus de position dominante ou pour des pratiques susceptibles de constituer une entente », ajoute Pierre Barthelmé. pso

Édition fantôme

La célèbre marque médiatique Forbes lancera son édition luxembourgeoise en janvier 2024 pour sa version en ligne et en mars pour sa version papier. « L’esprit Forbes, un journalisme de qualité axé sur le succès et la réussite », explique ce jeudi le directeur éditorial Joan Condijts depuis la Belgique, où la publication sera également développée. En termes de contenu, des articles rédigés par un groupe de journalistes locaux indépendants viendront compléter le contenu international commun. Ces pigistes seront ici dirigés par Charles-Louis Machuron, fondateur du média Silicon Luxembourg. Il n’y aura donc pas de rédaction propre au Grand-Duché. Pas plus qu’en Belgique. Pas même aux États-Unis, « mais des équipes qui travaillent de manière moderne », explique Joan Condijts, lui-même mandaté par Ventures Media, groupe qui a racheté la marque américaine et qui exploite en Belgique les marques Elle, Marie-Claire ou encore Psychologies Magazine.

Une maison d’édition moderne… Le créneau visé par Forbes (avec des portraits en couverture), essentiellement financé par les recettes publicitaires (auxquelles s’ajouteront les ventes en kiosque et les événements), est déjà occupé par Maison moderne, l’éditeur de Paperjam. Florian de Wasseige, directeur des opérations de Ventures Media, tempère : « Nous n’avons pas pour l’instant l’ambition de lancer un business club ». « Paperjam est un excellent magazine et Forbes est complémentaire », précise encore Joan Condijts, « avec une marque et un style que l’on adapte au pays ». pso

Rendre sa grandeur au Luxembourg

Le bref chapitre consacré aux médias dans le programme gouvernemental s’ouvre sur l’aspiration à une « presse moderne pour un État moderne ». On y retrouve notamment la volonté de participer à nouveau à l’Eurovision, une initiative de Xavier Bettel sur laquelle RTL travaille depuis le mois de juin. « Sur le plan artistique et culturel, le Luxembourg possède un riche patrimoine à offrir. C’est pourquoi le gouvernement soutient la proposition de faire revenir le Luxembourg sur la scène de l’Eurovision, après une absence de trente ans », peut-on lire dans l’accord signé par le CSV et le DP. RTL est par ailleurs mentionnée, aux côtés de l’autre média de service public, 100,7, afin que les contenus soient accessibles à tous. En revanche, rien n’est dit sur la convention de prestation de service public audiovisuel signée avec RTL-Bertelsmann. Elle arrive à échéance en 2030 et est traditionnellement négociée avant les élections qui la précèdent. Ce que n’ignore pas le ministre sortant des médias, Xavier Bettel. L’intérêt de Bertelsmann pour poursuivre l’aventure luxembourgeoise serait limité. La possibilité d’une fusion avec 100,7 est une alternative de plus en plus évoquée dans le monde des médias. Vendre les activités grand-ducales de RTL à des investisseurs en est une autre. Ni le CSV ni le DP n’ont évoqué l’avenir du service public audiovisuel dans leurs programmes électoraux. Il ne figure pas non plus dans leur programme gouvernemental. Une absence que l’on ne peut attribuer au fait que cette perspective se situe au-delà du mandat actuel. Le gouvernement Frieden-Bettel annonce vouloir préparer le pays à la présidence européenne en 2029. pso

« Une véritable experte »

Contrairement au français, le mot allemand « Landwirtschaft » fait référence à l’« économie ». Cependant, ce secteur ne représente que 0,2 % du PIB et n’emploie que 0,8 % de la population active. Il n’a donc pas grand-chose à voir avec la macroéconomie. C’est surtout l’Alliance des agriculteurs, proche du DP, qui a pris conscience que l’agriculture locale n’était guère compétitive sur un marché mondial ; c’est pourquoi elle s’est à nouveau prononcée, avant les élections, en faveur d’une coopération entre les producteurs et les écoles, les crèches, les hôpitaux ainsi que les maisons de retraite. Ces institutions publiques et parapubliques pourraient servir de débouchés fiables pour le secteur primaire, qui peine à accroître sa valeur ajoutée. Comme en 2018, cette proposition figure également dans l’accord de coalition de 2023. Un autre point qui y figure également en 2023 est la promotion de produits de niche tels que le chanvre, le quinoa et le soja, ainsi que le développement de nouveaux produits non alimentaires. C’est également à l’Alliance des agriculteurs que l’on doit la volonté de créer un cadre légal pour la protection des sols, dans le but de lutter contre l’érosion des sols ; dans l’optique de la protection du climat, un sol vigoureux doit contribuer au stockage du CO₂. Toutefois, le texte reste assez vague en ce qui concerne l’utilisation d’engrais chimiques et de pesticides, et l’interdiction du glyphosate promise par Xavier Bettel avant les élections n’y figure pas non plus. Il reste donc une marge de manœuvre suffisante pour s’opposer à la formation d’humus.

La Fédération des agriculteurs – tout comme Martin Hansen, en tant que responsable politique de l’opposition – réclame depuis longtemps la suppression des formalités administratives liées à la transmission des données. Une telle simplification devrait bientôt devenir réalité. Par ailleurs, le dumping salarial sera facilité par des procédures simplifiées permettant d’employer temporairement des travailleurs saisonniers issus de pays hors UE. Par ailleurs, le gouvernement conservateur-libéral entend militer au niveau européen en faveur d’une interdiction des élevages d’animaux à fourrure et mettre en œuvre des réglementations plus strictes concernant le transport des animaux. Le « Wäinhaus Ehnen » fait l’objet d’un projet quelque peu folklorique et ambitieux : après les travaux de rénovation prévus en 2025, il est appelé à devenir la porte d’entrée principale de la région de la Moselle.

Le 13 octobre, l’éditorial du Letzebuerger Bauer indiquait que « l’une des questions passionnantes pour l’avenir est de savoir qui prendra en charge l’agriculture après dix ans de politique verte idéologique ». À la mi-novembre, le journal se réjouissait que ce portefeuille soit confié à Martine Hansen, « une véritable experte ». Le ministère se retrouve enfin « à nouveau entre les mains du CSV ». Le CSV occupait ce ministère depuis 1943, à l’exception de la période de la coalition tripartite et du gouvernement DP-LSAP dans les années 1970. Il sera également intéressant de voir comment cet hebdomadaire, qui s’oppose à l’idéologie verte, réagira à la nouvelle génération du CSV sous la direction de l’ancien journaliste du *Wort*, Laurent Schüssler. Le député du CSV et agriculteur Jeff Boonen a déclaré cette semaine sur RTL Radio : « On n’est pas là pour travailler à atteindre la neutralité climatique d’ici 2050. » S’agit-il d’une idéologie verte déguisée en CSV ou d’une analyse objective ? sm

Luc, Doris et Xavier

Publié lundi au Mémorial B, l’arrêté grand-ducal entérinant la démission de la directrice du Service de renseignement (SRE), Doris Woltz. « Doris Woltz a informé début novembre l’ancien Premier ministre (Xavier Bettel, ndlr) de son intention de prendre sa retraite de la fonction publique en juin 2024 », explique le ministère d’État au Land.

Son départ coïncide avec l’arrivée de Luc Frieden (CSV) au poste de ministre de tutelle du SRE. Dix ans après un différend indirect entre les deux hommes. En juin 2013, pour faire tomber le gouvernement CSV-LSAP, le député Xavier Bettel (DP) s’était appuyé sur les déclarations de Doris Woltz (ancienne juge d’instruction et alors procureur d’État adjoint) pour mettre en cause l’intervention du ministre de la Justice, Luc Frieden (1998-2009), dans l’enquête sur le Bommeléeër. Ce dernier avait passé un très mauvais après-midi au Krautmaart avant de voir la confiance du Parlement maintenue. Le gouvernement Juncker-Asselborn tombera quelques jours plus tard à la suite de l’affaire du Srel.

La démission de Doris Woltz intervient également quelques jours après la publication d’un article de The EU Observer sur les défaillances luxembourgeoises en matière d’habilitation à la sécurité, dont la délivrance est assurée par le SRE. Intitulée « Le Luxembourg est-il le maillon faible de la sécurité de l’UE et de l’OTAN ? », cette publication s’interroge sur les cas de Jean-Claude Knebeler et d’Etienne Schneider, deux anciens « Krecké Boys » habilités à détenir des secrets d’État et qui sont partis servir des intérêts russes. L’EU Observer explique surtout comment les habilitations sont délivrées par des agents qui n’ont plus accès aux informations nécessaires pour mener à bien leur mission (par exemple, les fichiers de la police). Un chantier majeur pour le ou la successeur(e) de Doris Woltz que devra choisir Luc Frieden. pso