De l’homme politique à l’homme d’affaires
Étienne Schneider est membre du conseil d’administration du groupe Jan De Nul depuis 2020. L’entreprise, dont le siège social se trouve à Alost, a reçu mercredi la visite du grand-duc Henri et de sa délégation dans le cadre de la visite d’État. Il y a dix ans, M. Schneider (LSAP), alors ministre de l’Économie, avait promis de se lancer dans la conquête spatiale ; en 2020, souhaitant retrouver une vie privée, il a quitté le gouvernement pour explorer les opportunités du secteur privé. Le groupe Jan De Nul, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 1,7 milliard d’euros en 2021, est spécialisé dans les travaux de dragage, les parcs éoliens offshore et la construction de pipelines. Son siège financier se trouve à Capellen. C’est pourquoi le dragueur « Voltaire » navigue sous pavillon luxembourgeois depuis 2022 ; sa grue peut soulever jusqu’à 3 000 tonnes. Cette semaine, Etienne Schneider est apparu sur bon nombre de photos officielles (SIP). Non pas en tant qu’homme politique, mais en tant qu’homme d’affaires fortuné. sm
Belsch Plage
La visite d’État de cette semaine en Belgique a incité L’Essentiel à se demander quelle part de marché occupe d’Belsch Plage dans le secteur du tourisme. En 2022 du moins, la fréquentation était élevée : 63 000 Luxembourgeois se sont rendus sur la côte nord et ont réservé 370 000 nuitées. Pourtant, les Luxembourgeois ne représentent que 6 % des visiteurs. Ils se montrent toutefois relativement dépensiers : ils dépensent 130 euros par jour et par personne, ce qui génère au total un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros. 1 600 appartements ont été achetés sur la côte belge par des Luxembourgeois, dont un tiers à Knokke-Heist. La station balnéaire de Knokke serait « un peu comme la Belle-Étoile pour les retraités fortunés », a déclaré Tom Haas dans le Tageblatt. Le secteur du tourisme tente d’attirer les retraités vers cette « Belle-Étoile en plein air » en publiant des reportages publicitaires dans le Paperjam et le Wort. sm
C4W
Le collectif des victimes de la plateforme d’investissement en cryptomonnaies Crypto4Winners a barré le « W » de « winners » sur son logo. CW Victims explique dans un communiqué publié lundi que, sur les cent millions d’euros potentiellement investis par les quelque 4 000 utilisateurs, seuls cinq millions au maximum seraient récupérables, indépendamment des biens immobiliers acquis à Munich ou à Dubaï par ses deux dirigeants, le Luxembourgeois Luc Schiltz et le Lorrain Adrien Castellani, incarcérés depuis le mois de mars (et à considérer comme innocents tant qu’un tribunal n’en a pas décidé autrement). « À ce stade, nous pouvons confirmer qu’il s’agissait bel et bien d’une chaîne de Ponzi », estime le collectif qui a mené son enquête. L’argent se serait évaporé en raison de la rémunération des performances présumées de l’investissement, des primes versées à ceux qui apportaient de nouveaux investisseurs, des salaires des employés « qui croyaient travailler sur des projets légitimes » et du train de vie luxueux de la direction. Les espoirs de récupérer de l’argent sont minces et les procédures prendront plusieurs années. Au Luxembourg, l’avocat d’une centaine de victimes, Andreas Komninos, confie que les premières recherches menées par les experts en cryptomonnaies qu’il a mandatés semblent confirmer ces informations. Il précise au journal « Le Land » avoir informé les partenaires technologiques de Crypto4Winners de l’ouverture d’une enquête pénale « en les mettant en demeure de collaborer avec les autorités en bloquant tous les comptes et tous les actifs » liés à la plateforme. « Nous sommes prêts à engager la responsabilité de tout individu ou de toute entité ayant, par un comportement actif ou par omission, contribué au préjudice subi par nos clients, victimes de la plateforme Crypto4Winners », écrit-il. Sont par exemple visés Ledger (infrastructure matérielle de sécurité sur laquelle auraient été placés des crypto-actifs) ou encore Binance ou Kraken, plateformes d’échange par lesquelles transitaient les transactions. pso
Lux dans le ciel
Le Premier ministre, Luc Frieden (CSV), signe ce mercredi une lettre explicative adressée au Parlement concernant l’utilisation de jets privés par les membres du gouvernement. Celle-ci ne serait « qu’une exception lorsque la situation l’exige ». Plus précisément lorsque les engagements nationaux et internationaux des ministres s’enchaînent selon « un agenda serré », lorsqu’il n’existe pas de liaisons aériennes vers les destinations souhaitées ou lorsque la sécurité l’impose, a-t-on répondu au député Marc Goergen (Pirates). Le gouvernement, en place depuis fin novembre, n’a eu recours à des jets privés qu’à quatre reprises. Luc Frieden s’est ainsi rendu à Berlin le 8 janvier, à Rotterdam le 4 mars et à Bucarest le 6. À cette dernière occasion, le recours à l’aviation privée lui avait permis de concilier un sommet du Parti populaire européen (famille politique du CSV à Bruxelles-Strasbourg) dans la capitale roumaine et le centenaire de la Chambre des métiers au Kirchberg (d’Land, 8 mars 2024). Yuriko Backes (DP) a également utilisé un jet pour se rendre en Roumanie, à Cincu, où la ministre de la Défense a rendu visite aux 25 membres du contingent luxembourgeois des Forward Land Forces.
Dans le tableau transmis cette semaine par le ministère d’État, la dépense la plus importante est imputable à l’ancien ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn (LSAP), pour un voyage Luxembourg-Afghanistan-Ouzbékistan-Pakistan-Luxembourg. Son coût : 100 853 euros. Cette ligne ne figurait pas en août dernier dans le tableau transmis au Land par le ministère en question. Le vol le plus cher (à destination de Nairobi) était affiché à 94 000 euros (d’Land, 25 août 2023)
Cette semaine, la colonne « Käschte vum Fluch » du tableau affiche zéro euro pour les vols effectués après mars 2022. « EATC/Atares » figure dans la rubrique « remarque ». Il s’agit du nom de la bourse européenne d’échange d’heures de vol à laquelle le Luxembourg participe via ses programmes militaires A400 M et A330 MRTT. Ils ont un coût : 168 millions d’euros, plus dix millions par an de frais d’exploitation pour le premier, et vingt millions d’euros par an pour le second. Ces crédits sont dissimulés dans Atares, mais une compagnie aérienne facture bel et bien l’EATC (European Air Transport Command) pour affréter un avion. Ces dépenses liées aux taxis ministériels sont dissimulées dans les limbes militaires. pso