Ressusciter une collection
d’Land : La Spuerkeess s’est dotée d’une fondation en 2025. Que permet une fondation que ne permet pas une banque ? Claude Kremer, président de la…
Le chef du gouvernement, le ministre des Affaires intérieures et le haut-commissaire à la protection nationale organisent ce vendredi une conférence de presse pour présenter « Mon Guide – 72 heures d’autonomie ». Derrière cet intitulé enfantin se cache, ni plus ni moins, un manuel de survie pour…
Le chef du gouvernement, le ministre des Affaires intérieures et le haut-commissaire à la protection nationale organisent ce vendredi une conférence de presse pour présenter « Mon Guide – 72 heures d’autonomie ». Derrière cet intitulé enfantin se cache, ni plus ni moins, un manuel de survie pour les premiers instants consécutifs à une catastrophe. Sollicités pour en savoir plus sur le contenu de la brochure, les services de Luc Frieden et de Léon Gloden (CSV) préservent sagement sa primeur. On ne souhaite pas diluer l’effet d’annonce. Il y a eu des couacs : le message « odeur désagréable » envoyé par SMS le 16 août à la population pour alerter sur les risques liés à l’incendie en cours dans les Hautes Fagnes. Ou encore les tergiversations sur les drones observés au-dessus de l’aéroport et cette conférence de presse, lunaire, rassemblant le 24 septembre des ministres qui ne pouvaient rien dire pour des raisons de sécurité. Il convient aujourd’hui de montrer que l’on reprend la main, au moins sur le narratif.
Mais pour dire quoi ? Que l’on attend de la population qu’elle se montre résiliente « dans un contexte marqué par la multiplication des risques naturels, technologiques, sanitaires ou encore géopolitiques », selon les termes de l’invitation à la presse. Il ne faudrait plus trop compter sur les pouvoirs publics. La population doit se préparer individuellement et collectivement à être coupée des « services essentiels » pendant les 72 heures suivant « un événement majeur ». Et l’on présume que le matériel à rassembler ressemblera au kit d’urgence défini depuis 2021 sur le site Info-Crise : six litres d’eau par personne, des denrées non périssables, un réchaud à gaz, une radio à pile, un calepin papier, de l’argent liquide, des sacs de couchage ou encore (car ce n’est pas exhaustif ici) des jeux de société. Bref, de quoi vivre comme dans les années 50.
Alors, oui, actons l’initiative. Informer sur les risques ou anticiper les événements fait partie de ce que l’on attend d’un gouvernement élu. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que de telles mesures sont envisagées. En septembre 1938, face aux desseins expansionnistes de l’Allemagne nazie, un arrêté grand-ducal (de 25 pages) avait énoncé les mesures de protection de la population en cas de « conflit armé international »: « L’aménagement d’abris dans les maisons d’habitation est facultatif. Toutefois, si le locataire d’une maison désire installer un abri, le propriétaire sera tenu de procéder aux travaux de renforcement », lit-on entre autres. Dans les années 60, la direction de la protection civile avait redoublé d’importance sous la houlette de l’Otan et face à la menace soviétique. Deux décennies plus tard, c’est Cattenom qui a fait trembler la population. En 1986, après Tchernobyl, les communes dans un rayon de 25km autour de la centrale française, devait maintenir un stock de comprimés d’iode.
Mais quitte à se projeter dans un mode de vie ancestral, pourquoi ne pas en profiter pour s’interroger sur ce que l’on attend du progrès et sur ce que l’on peut faire (de bien) pour les générations qui nous succèdent ? Par exemple, face aux épisodes climatiques extrêmes, remplacer le pointillisme écologique par une réelle détermination à tourner les politiques publiques vers la préservation de l’environnement. Ou encore, à la fuite en avant de l’IA, opposer un modèle européen durable et éthique (spoiler alert : ni les États-Unis ni la Chine ne seront le problème à la fin). Évidemment, cela paraît neuneu. Mais, franchement, n’avons-nous rien de mieux à proposer à nos enfants que des tests d’alerte (parfaitement angoissants) sur leurs téléphones et quatre casiers d’Odyss à la cave ? À l’aune de la multiplication des risques pesant sur la société civile, des risques qu’il devient de plus en plus difficile de juguler, négocier sur la valorisation du point indiciaire dans la fonction publique ou les carried interests des nouveaux golden boys paraît tout autant futile. C’est même s’aveugler. Pour rappel, les Nations unies alertent sur le déploiement des IA agentiques. Qu’attendre de générations à qui l’on demande de vivre dans la résilience ? Le terme sonne, fatalement, comme résignation.
Le téléchargement de PDF est disponible uniquement pour nos abonnés.
d’Land : La Spuerkeess s’est dotée d’une fondation en 2025. Que permet une fondation que ne permet pas une banque ? Claude Kremer, président de la…
On arrive à Schengen comme on arrive dans n’importe quel village de la Moselle luxembourgeoise. On y découvre les vignes sublime, le fleuve et son…
Il y a un an, quasiment jour pour jour, huit joyaux de la Couronne de France disparaissaient dans la galerie d’Apollon au Louvre. Ce vol…
Tout récemment édité par le ministère de la Culture, l’« État des lieux du secteur des bibliothèques » recense ces établissements de la manière la…
Le cinéma a toujours aimé les personnages hauts en couleur. Entre les héros dont s’inspirer et les vilains à haïr, il y a pourtant les gens « normaux…
Attiré par la philosophie, les sciences et les métiers de l’exposition, domaine pour lequel il est diplômé de la Sorbonne, Safouane Ben Slama a…
Quand l’on parcourt la liste des lauréats du prix Nobel de littérature, l’on découvre de nombreuses figures littéraires aujourd’hui oubliées ou…
Gilles Pegel a été graphiste dans une autre vie. I’m Too Young To Die, son exposition chez Nosbaum Reding, ne laisse aucun doute là-dessus. Entre…
« Ce n’est pas une très bonne pub pour la place financière luxembourgeoise. » Le procureur d’État adjoint, Guy Breistroff, a ainsi introduit son…
Il a permis de lancer la bonne fortune du Luxembourg et, pourtant, le sous-sol est sorti des radars depuis un demi-siècle. Comme si le traumatisme de…
En flânant dans une librairie du centre-ville, je suis tombé sur un livre d’un auteur luxembourgeois. C’est le sous-titre de l’ouvrage de Thierry…
Dimanche soir, peu avant la fermeture des bureaux de vote, le journaliste Jesenko Krehić a publié deux images sur son compte Facebook. La première le…