Le coup de pouce
Le Luxembourg augmente d’une petite quinzaine de pour cent sa contribution à l’UNRWA, qui passe de 8,8 millions d’euros par an à dix pour la période 2025-2027. Le ministre des Affaires étrangères, Xavier Bettel (DP), a signé mercredi à New York la nouvelle convention avec Philippe Lazzarini, directeur de l’agence des Nations unies pour les réfugiés de Palestine. Le Grand-Duché est le vingtième donateur gouvernemental de l’agence (les deux premiers sont, selon les programmes de financement, les États-Unis et l’Allemagne). Au cours de l’Assemblée générale consacrée à l’UNRWA, visée depuis la semaine dernière par deux lois israéliennes visant à mettre fin à ses activités, Xavier Bettel a rappelé que l’agence venait en aide à « des millions de personnes dans la région », tout en précisant que « les enseignants de l’UNRWA doivent être irréprochables et ne pas véhiculer de messages incitant à la haine de l’autre ». pso
Un coup de poing en pleine figure
Le déplacement du ministre Bettel à Jérusalem et à Ramallah la semaine dernière se résume essentiellement à une courte vidéo. Celle-ci a été publiée sur Twitter par l’ambassadrice d’Israël en Belgique et au Luxembourg. Elle a été visionnée 300 000 fois sur ce seul compte. On y voit le chef de la diplomatie luxembourgeoise, entouré de « sa » délégation de journalistes, sermonner on ne sait trop qui : «&« L’UNRWA n’est pas neutre en matière d’éducation s’il enseigne cela », dit-il en tapotant un livre avant d’avouer : « Je ne suis pas encore diplomate, mais au moins, je vous dis les choses telles qu’elles sont ». Dans son tweet vidéo présentant un extrait de conversation retweeté plus de 2 000 fois, la diplomate israélienne ajoute en légende : « Xavier Bettel interpelle l’#UNRWA sur la glorification du terrorisme dans ses manuels scolaires. L’UNRWA n’a pas de réponse. » (Le tweet de Bettel avec Lazzarini (voir ci-contre) a été republié quatre fois.) Interrogé par le Land, le ministère précise que Bettel visait une page (critiquée par Israël) d’un manuel élaboré par l’Autorité palestinienne « qui, visiblement (sic), glorifie un attentat terroriste commis en 1978 ». Plus de 16 000 enfants ont été tués par l’armée israélienne à Gaza au cours des douze derniers mois. pso
Max Leners,
Politicien du LSAP et avocat, il a été proposé cette semaine par son parti pour succéder à Christophe Schiltz au Conseil d’État. M. Schiltz, également membre du LSAP, avait présidé le Conseil d’État pendant trois ans ; son mandat aurait pris fin dans un an. Après le changement de gouvernement, celui qui avait longtemps occupé le poste de directeur de la coopération au développement au ministère des Affaires étrangères a été nommé ambassadeur à Rome. À l’origine, la direction du LSAP avait prévu de nommer au Conseil d’État Marc Limpach, juriste à la CSSF, comédien et président de la Fondation Robert Krieps, Marc Limpach, au Conseil d’État ; mais comme, selon le Tageblatt, Romain Heinen, directeur désormais à la retraite de l’Administration de l’enregistrement, des domaines et de la TVA, qui s’était déjà présenté contre Dan Kersch en 2011, avait également manifesté son intérêt, M. Limpach s’est retiré. Ni Limpach ni Heinen n’ont toutefois déposé de candidature officielle. Lors du vote au Conseil général, Max Leners s’est finalement imposé avec 84 % des voix face au psychologue et responsable des ressources humaines Paul Braquet ainsi qu’à l’architecte Mohamed Alberto Kassimo. En choisissant le secrétaire général de la Fondation Robert Krieps, âgé de 31 ans, le LSAP s’est désormais mis d’accord sur un proche de Marc Limpach, qui, en tant qu’avocat indépendant, peut organiser son temps comme il l’entend. Après le 11 novembre, le Conseil d’État se prononcera sur la candidature de Max Leners (et d’éventuelles autres candidatures). ll
Sans emploi après son service
Selon les informations fournies par Land, plus de 200 militaires en service volontaire ont signé une pétition adressée au syndicat de l’armée Spal. L’objectif est que celui-ci intervienne pour que les militaires qui se retrouvent sans emploi à l’issue de leur période de service puissent percevoir des allocations chômage. Ce que l’Adem a apparemment refusé dans plusieurs cas : un « engagement volontaire » dans l’armée ne constituerait pas une relation de travail au sens du Code du travail. Il n’y aurait donc pas de droit aux allocations chômage.
Comme cela concernait plusieurs militaires à la fin de leur service, l’affaire aurait pu faire des vagues. La Direction de la défense et le ministère du Travail ont pris les devants cette semaine et ont annulé les décisions de l’Adem. Cette situation, étonnante en soi, trouvait son origine dans la grande réforme de la loi sur l’armée intervenue il y a un an. Jusqu’alors, les volontaires relevaient de la fonction publique, mais uniquement en vertu d’un arrêté. Avec la nouvelle loi, celui-ci a été abrogé. Interrogé à ce sujet par le journal Land, le président du Spal, Christian Schleck, a déclaré qu’il fallait bien sûr se réjouir que le gouvernement ait réglé ce problème urgent. « Le statut des soldats reste toutefois flou. » La SPAL propose de les intégrer officiellement au bas de l’échelle de la fonction publique (photo : oh). pf
Finalement, pas d’hôpital
L’idée de créer un hôpital militaire est également écartée par le gouvernement CSV-DP. Comme l’a expliqué lundi la ministre de la Défense du DP, Yuriko Backes, devant la commission parlementaire de la Défense, il ne faut pas s’attendre à ce que l’OTAN approuve ce projet. Le gouvernement précédent était parvenu à la même conclusion il y a trois ans. Le prédécesseur de Mme Backes, François Bausch (Verts), avait laissé au ministère de la Santé le soin d’élaborer éventuellement des plans pour une structure qui serait prête à faire face à des accidents majeurs ou à une nouvelle pandémie. Mme Backes a annoncé qu’au lieu d’un hôpital militaire, on envisageait désormais un « hôpital déployable », c’est-à-dire un hôpital de campagne destiné aux opérations de combat. Ce qui soulève bien sûr le même problème de personnel que pour l’hôpital militaire. Voire un problème encore plus aigu, car il faudrait des médecins et des paramédicaux ayant suivi une formation militaire. Or, au sein de l’armée, ceux-ci sont extrêmement rares ou se tournent vers le secteur civil dès que l’occasion se présente. pf
J’ai perdu mon portable
Dès l’été dernier, avant même que le ministre libéral de l’Éducation, Claude Meisch, n’annonce l’interdiction des téléphones portables dans les écoles primaires, la pétition n° 3176 avait réclamé l’interdiction des smartphones dans tous les établissements scolaires, y compris les lycées. Elle a fait l’objet d’un débat au Parlement lundi : Cristina Matita, Ramoneda Violant Tarrach et Rolf Tarrach, professeur émérite de l’Uni.lu, estiment que les nouvelles directives ne vont pas assez loin. (Dans les établissements secondaires, l’utilisation devrait être autorisée, mais une distance physique par rapport aux téléphones doit être garantie pendant les cours.) Ils ont appelé à une interdiction pour tous les jeunes jusqu’à 16 ans et ont déclaré que le téléphone portable personnel ne présentait aucun intérêt pédagogique. Les députés se sont montrés favorables à cette demande ; Djuna Bernard (Les Verts), Marc Goergen (Parti pirate) et David Wagner (Déi Lénk) se sont toutefois montrés sceptiques quant à une interdiction généralisée. Le temps passé devant les écrans est sur toutes les lèvres. Hier soir, jeudi, Serge Tisseron, psychologue et inventeur de la règle « 3-6-9-12 », avait répondu à l’invitation du ministère de l’Éducation et s’était exprimé devant un centre de conférences comble à Kirchberg sur l’utilisation des nouvelles technologies pendant l’enfance. sp