La situation bascule rapidement vers la droite. Les voisins européens deviennent plus autoritaires, plus injustes, plus belliqueux. Le CSV et le DP s’adaptent. Mais Luc Frieden (CSV) et Léon Gloden (CSV) ne se mêlent au peuple qu’à contrecœur. Cela fait d’eux des démagogues maladroits.
Pour eux, la politique climatique consiste à améliorer le climat des affaires. C’est ainsi qu’ils creusent les inégalités sociales. Cela nécessite un État autoritaire. Ils adorent « la loi et l’ordre » : ils promulguent des lois que les sujets doivent respecter. Ils qualifient toute contestation de « populisme ». Cela fait penser à la « populace ».
Ils gouvernent d’une main de fer. Dès leur entrée en fonction, le ministre de l’Intérieur Léon Gloden et la maire Lydie Polfer (DP) ont donné le ton : la police doit chasser les mendiantes et les sans-abri. Chasser la pauvreté des rues commerçantes.
Marianne Donven est solidaire des demandeurs d’asile. « Le gouvernement, qui traite les plus vulnérables de manière inhumaine et sans scrupules. Nos ministres Léon Gloden et Max Hahn mènent en secret une politique cruelle », a-t-elle déclaré pour justifier sa démission le 21 janvier sur Facebook.
Depuis toujours, la droite mène une guerre contre les syndicats. Le ministre de l’Intérieur diffuse un avant-projet visant à restreindre le droit de manifestation. Les rassemblements publics doivent être entravés, criminalisés et contrecarrés par des mesures de harcèlement et des menaces de sanctions. Le peuple dans la rue, c’est la fin de l’État autoritaire. Le ministre du Travail, Georges Mischo (CSV), est chargé de restreindre les droits des syndicats dans la loi sur les conventions collectives.
Les temps difficiles sont des temps de guerre. « Si on s’occupe maintenant de faire venir M. Poutine à Séngem […], il se retrouvera bientôt à notre frontière. » Yves Cruchten, député du LSAP, attise la panique (RTL, 15 mars 2025). Sur ordre, dans un élan d’obéissance anticipée, la censure de guerre se généralise. On n’avait plus vu cela depuis la guerre du Vietnam. À l’époque où RTL censurait les chansons contestataires des hit-parades américains.
Dès mars 2022, le ministre des Affaires étrangères Jean Asselborn (LSAP), la ministre de la Culture Sam Tanson (Les Verts) et la maire Lydie Polfer avaient interdit la projection de films russes au Luxembourg City Film Festival. Puis, le ministre de l’Éducation Claude Meisch (DP) a licencié une enseignante remplaçante. Le mois dernier, le tribunal administratif lui a donné raison : « [L]es propos délicats au sujet de la guerre en Ukraine tenus devant des élèves ukrainiens sont, de par leur caractère fréquent et répété, suffisamment graves pour justifier la résiliation de son contrat de travail. »
La censure de guerre s’applique à toutes les critiques formulées à l’encontre de la guerre d’extermination menée par Israël à Gaza. La Croix-Rouge n’autorise aucun stand palestinien à son bazar international. En 2023, le stand israélien était également absent. Par excès de zèle pour une œuvre caritative sans nuages.
Il y a un mois, le centre culturel public Neimënster a interdit l’accès à la Jewish Call for Peace pour une conférence réunissant des universitaires et des journalistes israéliennes. Celles-ci souhaitaient aborder le thème « Exploiting memory: The Holocaust and the distortion of antisemitism ». Elles menaçaient de critiquer le gouvernement d’extrême droite de Jérusalem.
Début juillet 2024, une demi-douzaine de pétitions ont été déposées au Parlement. Elles ont été mises en ligne dès la fin des vacances d’été. L’une d’elles réclamait : « Le Luxembourg doit sanctionner Israël pour sa politique en Palestine ». Son examen a été reporté pendant six mois. Elle a ensuite recueilli 4 768 signatures. La semaine dernière, la commission des pétitions, présidée par Francine Closener (LSAP), a voulu les déclarer irrecevables. La Conférence des présidents a estimé qu’il s’agissait là d’un excès de zèle.
L’extrême droite mène une guerre culturelle contre le « wokisme » et l’éducation sexuelle. La coalition au pouvoir et l’opposition n’en sont pas encore là. Pour le reste, en ces temps de droite, elles s’en sortent très bien sans ADR.