La semaine a commencé par un lundi noir pour la politique communale du CSV : les communes de Bech et de Wiltz ont perdu deux postes de maire. La maire sortante de la commune de Bech, élue au scrutin majoritaire, Jill Goeres, a justifié de manière surprenante son retrait total de la vie politique locale par un déménagement de Bech « vers l’Ösling », comme l’a rapporté le journal *Das Wort*. Début décembre, un scandale avait éclaté après que cinq conseillers municipaux eurent voté contre le projet de budget et demandé un vote de défiance. La majorité s’était déplacée vers l’opposition, car le conseiller municipal Emile Bohnenberger s’était rallié à celle-ci en arguant que le conseil des échevins ne communiquait pas de manière transparente et coopérative. Goeres a en revanche sa propre interprétation des conflits communaux : le « véritable fond de l’affaire », selon elle, serait que M. Bohnenberger souhaite lui-même occuper le siège de maire, estime-t-elle dans un communiqué de presse. Une accusation que M. Bohnenberger et le conseiller municipal Max Pesch réfutent auprès du journal *Der Land*. Mme Goeres est membre du CSV depuis un an et faisait partie des jeunes espoirs du parti.
À Wiltz, le DP et le LSAP ont annoncé conjointement, mi-novembre, leur intention de mettre fin à la coalition CSV-DP – officiellement en raison d’un manque d’informations concernant un grand projet prévu. Selon RTL, Amel Cosic, assesseur du DP (qui a depuis quitté le parti), a toutefois déclaré que les deux conseillers municipaux du DP s’opposaient au budget principalement en raison de tensions internes au sein du parti. En conséquence, le budget a été rejeté grâce aux voix du LSAP et une motion de censure a été déposée contre la bourgmestre du CSV, Carole Weigel. Ce lundi, le conseil des échevins a finalement été destitué et la coalition a été renversée. Carole Weigel continuera toutefois de siéger au conseil communal. Le nouveau maire sera désormais Patrick Comes, qui s’était présenté aux élections sous la bannière du CSV, avait été élu en deuxième position et avait ensuite rejoint le LSAP.
Les revers essuyés par le CSV en matière de politique communale ne se limitent toutefois pas à Bech et à Wiltz. À Contern, le CSV n’a pas réussi à se maintenir au pouvoir malgré un score électoral de 44 % lors des élections de 2023. Des intrigues et des dissensions internes ont miné la coalition CSV-LSAP. Les tensions ont atteint leur paroxysme cet été avec une affaire de harcèlement moral qui a fait la une des journaux : deux fonctionnaires communaux – un contremaître et un employé administratif – ont porté plainte contre la maire du CSV, Marion Zovilé-Braquet. Acquittée en première instance, mais condamnée en appel, elle souhaitait saisir la Cour de cassation. Le LSAP s’y est opposé afin d’éviter des frais de justice supplémentaires, qui s’élevaient déjà à 423 000 euros. Le 8 octobre, Zovilé-Braquet a finalement jeté l’éponge. Dali Zhu (DP) dirige désormais les destinées de la commune au sein d’une coalition tripartite avec le LSAP et déi Gréng. Le CSV reste en tête au niveau communal, mais l’écart avec la gauche se réduit. Le DP rattrape également son retard et gouverne désormais dans la commune d’origine du Premier ministre du CSV, Luc Frieden. La direction du DP réalise désormais de courtes vidéos avec Dali Zhu, un entrepreneur de 37 ans du secteur de la restauration. Elle semble voir en lui un candidat prometteur pour les prochaines élections nationales.