Le 25 février, une adolescente de 14 ans a agressé une camarade de classe avec un couteau. La victime a été transportée à l’hôpital, tandis que l’agresseuse a été placée à la prison pour adultes de Schrassig, faute de place à l’Unisec de Dreiborn, établissement destiné aux mineurs. Mais même l’Unisec ne peut se substituer à un service de psychiatrie pour mineurs, a déploré Charel Schmit, médiateur pour les enfants et les adolescents (Okaju). Dans un courrier, il réclame de toute urgence la mise en place d’« unités thérapeutiques et médico-légales sécurisées ». Au lendemain de l’incident, le parquet général, sous la direction de John Petry, a également dénoncé le manque d’établissements adaptés. Cette prise de position a été interprétée à plusieurs reprises comme un « appel à l’aide » ou un « signal d’alarme » adressé aux responsables politiques. Samedi, dans l’émission « RTL-Background », John Petry a réaffirmé qu’il manquait des « établissements fermés pour les mineurs inimputables ».
Mardi, à la Chambre, le député du CSV Ricardo Marques a souhaité savoir quelles mesures la ministre de la Santé du CSV comptait désormais mettre en œuvre à la suite de cet incident – quelles nouvelles structures sont nécessaires selon Martine Deprez ? Comment la prévention médicale pourrait-elle être efficace ? Dans ce contexte, Mme Deprez a donné quelques détails sur cette affaire : Ainsi, la jeune fille de 14 ans suivait un traitement psychiatrique, mais son médecin n’avait constaté « aucun problème aigu ». « Dès qu’un élément déclencheur survient, la situation peut rapidement changer », a expliqué la ministre à la Chambre. Elle a pris bonne note de la « ras-le-bol » exprimée par le parquet général ; on s’emploie actuellement à développer la psychiatrie pour adolescents. À partir de cette semaine, une nouvelle clinique de jour de psychiatrie pour adolescents à Wiltz accueille des jeunes âgés de 13 à 18 ans. Cela a permis de créer 15 nouvelles places d’accompagnement. Mais il manque actuellement une structure qui, sans proposer de traitement hospitalier, permette toutefois de passer la nuit sur place et d’assurer un accompagnement 24 heures sur 24. « Les discussions à ce sujet débuteront dans les semaines à venir », a assuré Mme Deprez. Par ailleurs, son ministère souhaite créer, en ville et dans les communes, des points d’accueil où il serait possible de s’entretenir de manière informelle avec un psychologue.
Cette semaine, le ministre de l’Éducation Claude Meisch (DP) a également abordé, dans le cadre d’une question parlementaire, une autre critique formulée par l’Okaju. Au Luxembourg, il existe peu d’établissements spécialisés pour les enfants présentant des troubles comportementaux marqués. Dans sa question, le député du LSAP Dan Biancalana a évoqué 75 enfants et adolescents placés à l’étranger (chiffres d’octobre 2025). 32 autres mineurs bénéficieraient d’un « accompagnement individuel intensif » à l’étranger. Dans « certains cas », ce séjour peut constituer une distance salutaire par rapport à l’environnement habituel, tandis que dans d’autres, il a des répercussions négatives, selon l’Okaju. Le Luxembourg ne disposant pas d’une population très importante, il est « matériellement difficile d’offrir un accompagnement spécialisé pour chaque besoin spécifique », a déclaré M. Meisch. « Afin d’améliorer la prise en charge des jeunes souffrant de troubles psychiques », son ministère prévoit toutefois de soutenir l’extension des offres en psychiatrie de l’adolescence.