Les applaudissements et la musique pop résonnent en ce dimanche ensoleillé d’avril à Greenwich, une ville pittoresque située au sud-est de Londres. Dans les gares environnantes, des centaines de personnes descendent des trains et se dirigent vers les berges de la Tamise. Beaucoup ont apporté des pancartes faites maison, certains arborent du maquillage pailleté et des couvre-chefs fantaisistes.
Ce n’est pas un festival de musique qui se déroule ici, mais le marathon de Londres, l’une des courses sur route les plus célèbres au monde. Alors que les coureurs passent devant le Cutty Sark, un clipper du XIXe siècle, ils sont acclamés par des milliers de spectateurs. Greenwich se trouve au dixième kilomètre du marathon ; c’est la première grande fête du parcours. Les spectateurs qui souhaitent se placer tout devant, près des barrières de sécurité, doivent arriver tôt.
Pour participer au marathon de Londres, il faut avoir de la chance. Les dossards sont attribués par tirage au sort, et les chances de gagner diminuent chaque année. Plus d’un million de personnes s’étaient inscrites pour les quelque 20 000 places disponibles pour l’édition de 2026. Pour la prochaine édition, 1,3 million de personnes tentent leur chance. Il s’agit là d’un nouveau record mondial.
La collecte de fonds constitue un élément important du marathon de Londres. Elle offre une autre possibilité de participer à la course. C’est ainsi que Wayne Codd, qui vit au Luxembourg, a pu réaliser son rêve de courir le marathon de Londres.
Il courait pour l’association Cancer Research UK et s’était engagé à collecter au moins 2 500 livres sterling pour elle. « Comme il s’agit de la recherche contre le cancer, cela touche énormément de monde. Beaucoup ont des proches ou des amis touchés par la maladie, ou en sont eux-mêmes atteints. C’est pourquoi beaucoup ont réagi et ont souhaité soutenir cette organisation à leur tour », explique Wayne Codd.
Si la loterie et les associations caritatives ne donnent pas de résultats, on peut s’adresser à des voyagistes spécialisés dans ce type d’événements sportifs et proposant des dossards garantis dans le cadre de forfaits de voyage. Selon la course, le coût peut s’élever à plusieurs milliers d’euros.
Guido Kröger est un coureur passionné et cofondateur de FatBetty.Run, l’un des groupes de course à pied les plus connus du Luxembourg. Il a créé Endorphin.tours pour les sportifs et sportives qui aiment participer à des courses à l’étranger. « C’est un petit groupe, tout le monde se connaît. L’important, c’est de passer un bon moment. Je soulage un peu les participants de leur stress pour qu’ils puissent se concentrer sur la course », explique Kröger. Une formule de quatre jours pour le très prisé semi-marathon de Valence s’est vendue en un rien de temps. « La course à pied connaît actuellement un véritable engouement », ajoute-t-il.
La course de fond est particulièrement populaire. Pour le marathon ING, qui se déroule samedi dans la capitale, 18 000 coureurs et coureuses se sont inscrits cette année, un record. La première édition, en 2006, avait rassemblé 6 000 participants. « Autrefois, c’était réservé aux spécialistes ; aujourd’hui, c’est devenu un sport populaire », explique Erich François, fondateur et directeur général de step by step S.A., l’organisateur du marathon ING.
L’organisateur n’envisage toutefois pas de mettre en place un système de tirage au sort. « Nous n’acceptons chaque année qu’un certain nombre de coureurs, et nous devons simplement voir comment cela évolue », explique Erich François. « Nous aurions pu accueillir deux mille personnes de plus cette année », estime-t-il. Mais on a décidé de ne pas le faire. « Nous nous développons tout simplement petit à petit », ajoute-t-il.
Beaucoup rêvent de participer à tous les Abbott World Majors, ces prestigieux marathons de Tokyo, Boston, Londres, Sydney, Berlin, Chicago et New York. D’autres collectionnent les médailles des « Superhalfs » de Lisbonne, Prague, Berlin, Copenhague, Cardiff et Valence.
Les courses de moindre envergure sont actuellement très prisées, car elles sont nettement moins chères et plus accessibles. Parmi les nombreuses propositions, le marathon ING du Luxembourg se distingue non seulement par son départ en soirée, mais aussi par son ambiance particulière. Plus de 70 groupes se produiront cette année le long du parcours pour mettre l’ambiance parmi les coureurs avec de la samba, du jazz et de la musique électronique. Cela attire également les spectateurs et les fêtards. « À part la fête nationale, le marathon est la plus grande fête du Luxembourg », explique Erich François.
L’organisation n’a toutefois pas été sans quelques contretemps. Une interdiction de vol des drones est en vigueur, ce qui concerne également les organisateurs. Les machines à fumée ne peuvent pas être utilisées à l’arrivée en raison des règles de sécurité incendie, et une performance de l’athlète de slackline Archie Williams, qui devait se balancer sur une corde tendue entre des gratte-ciel du Kirchberg pendant le marathon, a dû être annulée à la dernière minute. « Il est de plus en plus difficile d’organiser des événements au Luxembourg », estime Erich François. « Je suis très heureux que la ville me soutienne, sinon ce serait plus compliqué. »
Pour les coureurs et coureuses, le soutien du public est particulièrement important. Guido Kröger en est bien conscient. En collaboration avec FatBetty.Run, il a organisé cette année encore une fête de rue près de la Philharmonie. À cet endroit, les coureurs du semi-marathon ont déjà parcouru environ 17,7 kilomètres, et ceux du marathon, pas moins de 37,7 kilomètres. « C’est justement là que les coureurs ont besoin d’un coup de pouce », explique Guido Kröger. L’Enovos Phil’ Station promet des DJ, des canons à confettis et des lance-flammes. Une bière gratuite est également offerte aux coureurs juste avant la ligne d’arrivée. « Nous restons vraiment sur place jusqu’au tout dernier coureur. Lorsque la voiture-balai arrive, nous organisons une nouvelle fois une immense fête pour les derniers arrivants. C’est comme ça qu’on y arrive ensemble », explique Guido Kröger.
Il existe peu de loisirs où l’on est encouragé par des milliers de personnes, des canons à confettis et des lance-flammes. Pour Ella Connolly, qui prendra elle aussi le départ samedi, le marathon est une expérience unique. « On se sent comme une superstar le temps d’une journée », dit-elle. « Mais surtout, on a le sentiment de faire partie de ce groupe, de tous ces coureurs, même si en réalité on court seul. » Ce sentiment d’appartenance est « quelque chose de tout à fait spécial ».