La rentrée approche. Pour les familles, cela signifie qu’il faut à nouveau organiser leur quotidien de manière plus rigoureuse – le plus souvent avec l’aide de structures d’accueil telles que la Maison Relais. La demande a explosé. Alors qu’il y avait 5 000 places d’accueil en 2005, on en compte aujourd’hui plus de 68 000 (OEJQS, 2025). Mais malgré cette croissance exponentielle, tous les enfants ne trouvent pas de place ; plusieurs communes ont mis en place des listes d’attente. Cela conduit à une contradiction dans le système : une offre qui est gratuite depuis 2022 n’est pourtant toujours pas accessible à tous. La priorité politique est d’offrir une place à chaque enfant au Luxembourg d’ici 2030, a indiqué le ministère de l’Éducation en réponse à une demande.
Il n’existe pas de vue d’ensemble cohérente indiquant où et combien de places manquent. Cela s’explique par la grande diversité de l’offre et par la complexité du système : plus des deux tiers des structures d’accueil pour les enfants jusqu’à douze ans sont gérées par les communes, le reste étant pris en charge par d’autres organismes. D’autre part, les enfants qui n’ont « pas besoin d’accueil », c’est-à-dire ceux qui ne répondent pas aux critères fixés par les organismes gestionnaires et l’État, ne sont parfois même pas inscrits sur une liste d’attente. Par ailleurs, une place peut être occupée par plusieurs enfants si leurs besoins horaires diffèrent. La priorité est accordée aux familles dans lesquelles les deux parents travaillent, aux parents isolés et aux familles en situation de précarité sociale.
La situation est tendue dans la capitale et à Esch-sur-Alzette, où les communes gèrent leurs structures d’accueil. À la capitale, 600 enfants sont actuellement sur liste d’attente, comme l’a rapporté le journal *Das Wort* il y a deux semaines. Les responsables des Foyers scolaires n’ont pas pu répondre à une question posée par *Land* avant la clôture de la rédaction. À Esch-sur-Alzette, 33 enfants remplissant les critères d’admission attendaient une place au cours de la dernière année scolaire, comme l’indique le Plan de développement des infrastructures scolaires (PDIS). Ce document constitue un outil de planification stratégique qui, grâce à des projections d’avenir, vise à éviter que la planification de la demande ne soit constamment en retard de plusieurs années.
Comme les parents dépendent de ces structures d’accueil notamment pendant la pause de midi, les besoins varient au cours de la semaine. Parmi les nombreux projets lancés par Claude Meisch, ministre de l’Éducation du DP, l’un d’entre eux est resté totalement en suspens : une réorganisation en profondeur des horaires scolaires, qui entraînerait également une restructuration de l’éducation non formelle. On touche à tout, sauf à l’élément le plus évident. Interrogée à ce sujet, Meris Sehovic, assesseure verte chargée de l’éducation à Esch-sur-Alzette, déclare : « Ce n’est pas le rôle de l’État de dire aux familles comment elles doivent s’organiser. » Dans la métropole du Sud, de nouvelles structures voient le jour chaque année. « Le système subit une forte pression liée à la croissance. » À Schifflingen, 140 enfants seraient sur liste d’attente, rapportait le Tageblatt en juin.
Les demandes adressées aux grands organismes gestionnaires indiquent que leur offre couvre dans une certaine mesure la demande. Ces organismes hésitent toutefois à communiquer des chiffres et des lieux précis. Ils ne souhaitent apparemment pas mettre en avant les communes, qui font généralement office de propriétaires et de maîtres d’ouvrage. La Croix-Rouge, qui gère 16 Maisons Relais, indique qu’il n’y a actuellement des listes d’attente que dans deux de ses Maisons Relais. Le nombre d’enfants concernés serait faible « par rapport aux capacités totales ». Des constructions neuves et des agrandissements sont prévus pour ces deux établissements. L’association Elisabeth, qui gère 13 Maisons Relais, n’aurait elle aussi « pratiquement plus de listes d’attente ». Même réponse de la part d’Arcus. Dans les deux établissements où l’offre n’a pas pu être entièrement satisfaite, la directrice Hélène Weber estime que des places se libéreront d’ici début octobre.